ARCHIVES Jacques-Deric Rouault
1950 : Le Petit Marocain a un nouveau rédacteur en chef : mon grand-père

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Version 1.2 du 11 Novembre 2007


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2  Le Petit Marocain

    Le Petit Marocain est le journal du matin qui est publié tous les jours à Casablanca, la capitale économique du Maroc. Ce journal, crée vers 1925, fait partie du groupe Mas, comme La vigie marocaine, le journal du soir.

    A la libération, le groupe Mas est démantelé et le Petit Marocain, tout comme la presse métropolitaine,  passe sous le controle de la CGT locale, suite à l'ordonnance de De Gaulle de 1945. Son rédacteur en chef, Antoine Mazella, démissonne en 1948 quand la ligne politique du jounal devient trop dure. Le Petit Marocain fait faillite en 1949.

    Le Petit Marocain est alors simultanément vendu à deux groupes de presse concurents : le groupe Mas, qui veut reprendre son titre et le groupe Walter qui appartient au consortium des mines de Zellidja. Le Petit Marocain Progrès, du groupe Mas, sera un journal du matin, à tendance ultra-colonialiste, alors que le Petit Matin du Soir du groupe Walter,
à tendance plus progressiste et pro-marocaine, va concurencer la Vigie du groupe Mas, le tout sur un fond d'attentats terroristes et contre-terroristes.

    Le groupe Walter engage Antoine Mazella en Juin 1950, qui refond en 1954 les journaux du groupe sous le titre unique de Maroc Presse.

    Le groupe Mas cherche alors un nouveau rédacteur en chef pour son ancien titre et nouveau journal. C'est ici que mon grand-père, André Rouault entre en scène.   

3  Mon grand-père au Petit Marocain

    En 1949, mon grand-père André Rouault, après avoir dirigé la Dépèche de Dijon puis la Tribune de Saone et Loire à Chalon-sur-Saone, cherche un autre poste. Ayant eu connaissance de la demande du Petit Marocain, il saute sur l'occasion et part pour Casablanca en 1949. Son épouse, son fils et moi le rejoignons en 1950 après une traversée mémorable sur le Gulfos, cargo mixte islandais où on servait des sardines sucrées à la mode nordique ...     Nous nous installons dans un appartement de fonction des Roches noires, puis au 12e étage du Palais Mirabeau.

    Mon père est également engagé au journal comme photographe et technicien-réparateur en tous genres. Mon grand père étoffe son équipe en faisant venir de France des anciens collaborateurs, comme Claude Motto avec qui il avait travaillé à Dijon.

    En 1955 ou 1956 (?), peu avant l'indépendance du Maroc,  mon grand-père est purement et simplement licencé par Pierre Mas. Je pense, sans en avoir aucune preuve, que c'est parce qu'il avait refusé de publier un article ou un éditorial allant dans le sens de la direction du journal, et trop contraire à l'évidence des faits ... Mon grand-père s'est alors porté devant la justice pour licenciement abusif : du jamais vu au Maroc ! Oser attaquer le tout puissant groupe Mas devant les tribunaux ! Et en plus, il a gagné son procès ...

    Mon grand-père a ensuite participé à un essai sans lendemain de télévision commerciale, en compagnie de Georges de Caulnes et de son inséparable setter, avant de devenir le rédacteur en chef du CEDIES, poste qu'il occupera jusqu'en 1970, mais ceci est une autre histoire.

    Le nom de mon grand-père n'apparait pas dans les deux articles cités en référence, bien qu'il ait été durant 6 ans le rédacteur en chef de ce journal. Je sais qu'il ne s'est jamais engagé politiquement d'un coté ou d'un autre, et qu'il avait discrètement tissé des contacts avec toutes les parties. Le nom de Mazella, m'est famillier, et ce n'est surement pas sans raison. Mon grand-père avait aussi bien ses entrées chez le sultan en titre que chez le Glaoui à Marrakech. Il connaissait également les opposants marocains de l'époque, comme Ben Barka ou un instituteur voisin dont il a un matin poussé la voiture qui refusait de démarer, et qui est ultérieurement devenu premier ministre du Maroc. Il avait aussi des contacts avec des gens du peuple, tel un marchand de légumes du marché à qui il avait prêté de l'argent pour le dépanner ...

    Depuis ma plus jeune enfance, j'ai toujours entendu mon grand-père dire que le Maroc devrait un jour (re)devenir indépendant, et que plus vite cela viendrait, mieux ce serait. En tant que simple français expatrié au Maroc, son point de vue était sans doute plus objectif, et il avait toujours gardé ses distances avec le noyau colonialiste qui tenait alors le Maroc
dans son pouvoir.

4  Documents

    J'ai deux documents originaux à proposer ici :

    Une photo de mon grand-père à la rédaction du Petit Marocain :



    Une photo de moi à 4 ans lisant Le Petit Marocain. Cette photo a servi d'argument publicitaire et a été envoyé aux agences de presse avec le commentaire : Tout le monde lit le Petit Marocain !



5  Références

    Voici deux documents que j'ai trouvé sur Internet, sur le site marocain terrevie.net consacré à l'histoire de la presse marocaine et dont je me suis servi pour retracer le contexte de l'époque. J'indique l'adresse Internet des articles, mais je place en local des copies des deux documents PDF.

Anne-Marie Rozelet, 1998. Passeur d'espèrance, français libéraux dans le Maroc en crise 1945-1955. Afrique Orient pp 59-64.
http://www.terrevie.net/etudes/OUVRAGE/(76)presse%20_et%20_protectorat(76).pdf
Version PDF

Guy Delanoë, 1993. Lyautey, Juin, Mohamed V : fin d'un protectorat. Editions EDDIF, Casablance, pp 61-65.
http://www.terrevie.net/etudes/OUVRAGE/(76)presse%20_et%20_protectorat(76).pdf
Version PDF

Le Petit Marocain du groupe Mas
http://www.terrevie.net/periodiques/1quotidien/quotideinfrancais/petit.marocain/petit.maroc.index.htm


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Fiche crée le 10 Novembre 2007 par Jacques-Deric Rouault
Version 1.1 du 10 Novembre 2007
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